Mon cœur saigne… | Poème engagé contre les violences silencieuses

Il y a des douleurs qu’on ne peut plus taire

Il y a des douleurs qu’on ne peut plus taire.
Il y a des horreurs qu’on ne doit plus banaliser.

Quand des enfants, des femmes, des innocents deviennent les victimes de la cruauté, de l’abus et de la violence, c’est toute notre humanité qui est blessée.

👉 Que chacun veille autant que possible sur les siens…
👉 Et même sur ceux des autres.

Parce que protéger une vie est un devoir.

MON CŒUR SAIGNE…

Mon cœur saigne.
Et ce n’est pas une image.

C’est une hémorragie silencieuse
Devant tant d’horreurs banalisées,
Devant tant de vies arrachées
Sous nos yeux devenus presque habitués à l’insoutenable.

Mon cœur saigne
Pour ces enfants qu’on n’a pas protégés,
Pour ces petits corps meurtris,
Pour ces âmes violées,
Pour ces innocences assassinées
Par ceux-là mêmes
Qui auraient dû être des remparts.

Qui nous protégera
Quand le danger dort parfois
Sous le même toit que nous ?

Quand le monstre
N’a pas toujours le visage de l’étranger,
Mais celui du père,
De la mère,
De l’oncle,
Du voisin,
De l’ami,
Du proche en qui l’on avait confiance ?

Comment expliquer l’inexplicable ?
Comment dire l’indicible ?
Comment comprendre
Qu’un être humain puisse un jour
Poser ses mains sur un enfant
Pour le détruire
Au lieu de le défendre ?

Comment en arrive-t-on
À tuer l’innocence ?
À briser une vie
Qui n’avait encore rien demandé au monde ?

Pourquoi ?
Pourquoi faut-il toujours
Que les plus faibles paient
Le prix de vos déséquilibres,
De vos pulsions,
De vos frustrations,
De vos vengeances,
De vos ténèbres intérieures ?

Pourquoi vos instabilités
Deviennent-elles des condamnations
Pour ceux qui n’ont commis
D’autre faute
Que celle d’exister ?

Et après ?

Après, il reste le vide.

Le vide dans une maison.
Le vide dans un regard.
Le vide dans un ventre de mère.
Le vide dans une famille
Qui ne saura plus jamais
Comment recoller ce qui a été fracassé.

Après, il reste des survivants
Qui respirent encore
Mais qui ne vivent plus vraiment.

Des enfants devenus grands
Avec des blessures trop anciennes
Et trop profondes
Pour être racontées sans trembler.

Nul n’est à l’abri.

Ni la fille.
Ni le garçon.
Ni la femme.
Ni même celui qui croit encore
Que “chez nous, cela n’arrive pas”.

Car cela arrive.
Partout.

Dans le bruit.
Dans le silence.
Dans les quartiers pauvres.
Dans les belles maisons.
Dans les familles respectées.
Dans les foyers que l’on disait “normaux”.

Le mal n’a pas toujours de visage effrayant.

Parfois, il sourit.
Parfois, il salue.
Parfois, il prie même avec vous.

👉 Et c’est cela
qui fait le plus peur.

Mon cœur saigne…
Et je n’ai presque plus de larmes.

À force de voir l’innommable,
L’âme finit par s’épuiser
À vouloir pleurer pour tous.

Alors la peur m’envahit.

Cette peur qu’on cache derrière des sourires,
Cette peur qui nous pousse
À surveiller,
À questionner,
À nous méfier.

Je deviens méfiante
Pour nos enfants.
Pour nos frères.
Pour nos sœurs.

Qui nous délivrera ?
Et surtout…

👉 De qui faut-il désormais
nous protéger ?

Jusqu’à quand ces crimes ?
Jusqu’à quand ces viols ?
Jusqu’à quand ces meurtres ?

Jusqu’à quand cette société
qui s’indigne un jour
puis oublie le lendemain ?

Non.

Nous ne devons plus détourner les yeux.
Nous ne devons plus nous taire.
Nous ne devons plus couvrir l’horreur.

Ni au nom de la honte.
Ni au nom de la famille.
Ni au nom de la peur du scandale.

Parce que le silence
protège toujours le bourreau,
jamais la victime.

Que chacun veille.
Que chacun parle.
Que chacun ose dénoncer.
Que chacun protège autant qu’il le peut.

👉 Les siens…
👉 Et même ceux des autres.

Parce qu’un enfant en danger
n’est jamais “l’affaire d’une autre maison”.

Parce qu’une vie menacée
nous concerne tous.

Mon cœur saigne…

Mais tant qu’il saigne encore,
c’est qu’il refuse de s’habituer.

Et tant qu’il refuse de s’habituer,
il reste une chance
que l’humanité se relève.

✨ Publication CREALIT

Écrire pour éveiller les consciences.

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