Face à une situation de VBGMS : que faire concrètement quand on est formateur ou apprenant ?

Dans de nombreux établissements, la formation sur les violences basées sur le genre en milieu scolaire (VBGMS) permet aujourd’hui de mieux comprendre :

  • ce qu’est une situation à risque
  • comment reconnaître les signes d’alerte
  • pourquoi certaines pratiques doivent être questionnées

Mais une difficulté revient souvent, et elle est légitime :

“Je comprends les VBGMS… mais je ne suis pas sûr·e de savoir quoi faire concrètement.”

Que l’on soit formateur ou apprenant, le passage à l’action peut susciter des doutes, voire des peurs.

Pour répondre à cette question, nous avons utilisé un outil simple et puissant :
📘 Respectons notre école. Deux supports dont le premier est narratif simple et le second propose une réponse éducative à face à cette situation.

Un support illustré qui met en scène une situation réelle vécue en classe.

1. Une situation concrète que beaucoup reconnaissent

Dans cet outil, tout commence dans un cadre normal :

  • une classe en activité
  • une enseignante engagée
  • un climat d’apprentissage serein

Puis, soudain :

Un apprenant interrompt le cours et lance à son enseignante :

“Madame… vous êtes vraiment belle… je voudrais vous embrasser.”

Pourquoi cette scène est importante ?

Parce qu’elle ressemble à des situations souvent :

  • banalisées
  • tournées en “plaisanterie”
  • ou minimisées

Pourtant, il s’agit ici de provocation, harcèlement verbal à connotation sexuelle en milieu scolaire.

2. Ce que fait l’enseignante : une réponse éducative structurée

L’outil montre étape par étape une réaction professionnelle.

Étape 1 : garder son calme

L’enseignante ne s’emporte pas.
Elle reste posée, respire, garde une posture professionnelle.

Pourquoi ?

Parce que réagir à chaud peut aggraver la situation.

Étape 2 : mobiliser le groupe

Elle implique la classe en rappelant les règles collectives.

L’objectif est de réaffirmer les normes sociales et surtout de ne pas transformer la situation en duel.

Étape 3 : poser un message clair et bienveillant

Elle dit clairement :

  • que le comportement est déplacé
  • pourquoi cela pose problème
  • quelles sont les valeurs de la classe

Elle corrige le comportement sans humilier la personne.

Étape 4 : passer à un niveau supérieur si nécessaire

Lorsque l’apprenant persiste :

  • elle recadre fermement
  • elle nomme la gravité
  • elle décide de référer

Parce que :

la répétition transforme la situation en faute grave

Étape 5 : activer le mécanisme de signalement

L’enseignante informe le point focal genre. Très important :

signaler, ce n’est pas punir — c’est protéger

3. Ce que cela change pour les formateurs

Cet exemple répond directement aux inquiétudes exprimées : “Et si je me trompe ?” “Et si j’aggrave la situation ?”

Ce qu’il faut retenir

Vous n’avez pas besoin de tout gérer, tout résoudre, tout comprendre immédiatement.

Mais vous devez reconnaître la situation, poser un cadre, ne pas laisser passer et orienter.

4. Et du côté des apprenant·e·s ?

L’outil montre aussi un message essentiel : Une école est un espace de respect.

Ce que les jeunes peuvent retenir :

  • une “blague” peut être une violence
  • le respect protège tout le monde
  • parler est important
  • signaler, c’est agir

À la fin de l’histoire, un changement s’opère :

le respect revient, et le climat de classe s’améliore

5. Le message clé

Agir face à une situation de VBGMS, ce n’est pas improviser.
C’est appliquer des étapes simples, avec calme, clarté et responsabilité.

Conclusion

Former les acteurs est une étape essentielle.

Mais pour que les pratiques changent réellement, il faut :

  • des outils concrets
  • des situations réalistes
  • des réponses structurées

Comme le montre Respectons notre école,

agir, ça s’apprend.

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